En bref
- Les 26 et 27 septembre 2026, le Pôle Espace d’Uccle a ouvert ses portes.10
- L’occasion : les 200 ans de l’Observatoire royal de Belgique, fondé le 8 juin 1826.
- Au programme : 12 points de visite, de la Rotonde au parc climatologique, en passant par le Soleil, la météo et l’ISS.
- Mon coup de cœur : la visite de la coupole solaire.
- Mon conseil : prévoyez une journée entière, voire les deux jours si vous voulez tout faire à fond.
- Toutes mes vidéos de la journée sont sur Instagram et TikTok : @enfiletonsac.
Le dernier week-end de septembre, le Pôle Espace d’Uccle a ouvert ses portes au public. Et pas pour n’importe quelle occasion : l’Observatoire royal de Belgique fêtait ses 200 ans. J’y étais samedi pour découvrir ce qui se cache derrière les coupoles qu’on aperçoit depuis l’avenue. Je vous raconte.
Les prochaines portes ouvertes auront lieu dans 4 ans, en 2030 !!!
Le pôle space, c’est quoi exactement ?
Le Space Pole regroupe trois instituts scientifiques installés sur le site à Uccle. L’Observatoire royal de Belgique, l’Institut royal météorologique (IRM) et l’Institut royal d’aéronomie spatiale de Belgique (IASB).
Ensemble, ils étudient notre planète et son environnement, observent comment le Soleil influence la Terre et explorent le ciel. Les trois instituts dépendent de la Politique scientifique fédérale belge (BELSPO) et travaillent avec des partenaires du monde entier.
Deux siècles d’histoire commune
Tout commence le 8 juin 1826, avec la création de l’Observatoire de Bruxelles à Saint-Josse-ten-Noode. À sa tête : Adolphe Quetelet. La Belgique n’est pas encore indépendante.
En 1839, l’établissement devient l’Observatoire royal de Bruxelles. En 1890, il déménage à Uccle et prend le nom qu’on lui connaît aujourd’hui. Puis la famille s’agrandit : le service météo prend son indépendance en 1913 pour devenir l’IRM, et le service d’aéronomie, créé au sein de l’IRM en 1939, devient à son tour un institut à part entière en 1964 : l’IASB. Deux cents ans plus tard, tout ce petit monde partage toujours le même plateau.
L’Observatoire, bien plus que des télescopes
L’Observatoire ne se contente pas de regarder les étoiles. Il travaille sur l’astronomie, l’étude des planètes, la sismologie, la physique du Soleil, la météo de l’espace et d’autres disciplines plus techniques.
Il a aussi des missions très concrètes : c’est lui qui s’occupe de l’heure officielle belge. Il gère le réseau belge de surveillance des tremblements de terre, observe le Soleil en continu et prévoit la météo de l’espace.
Dans le bâtiment central, on trouvait la boutique de l’Observatoire, le service Temps et Fréquence, l’équipe qui étudie les planètes et le centre de prévision de la météo spatiale.
Au JT, c’est souvent eux qu’on consulte comme experts quand on parle de météo, de phénomène météorologique, d’éruption solaire, etc. Bien que l’observatoire soit une vraie référence internationale, c’est rare quand le Space Pole ouvre ses portes, d’où l’intérêt de préparer la visite et de rester attentif à la prochaine date.
Mon coup de cœur : la physique solaire
Ce que j’ai préféré, c’est la visite du département de physique solaire. Le livret présentait cet espace autour de la coupole solaire, des observations du Soleil et des missions spatiales qui lui sont consacrées. Voir de près les instruments utilisés pour observer notre étoile, c’est vraiment intéressant. D’une part le lieu est vraiment magnifique bien qu’étroit, vraiment impressionnant, et nous avons eu la chance de pouvoir observer quelques points lumineux bien que le ciel soit nuageux.
La visite se fait en 3 langues alternées, la durée était d’environ un quart d’heure dans la coupole, ensuite nous sommes descendus vers un couloir avec quelques documents et du matériel d’observation.
Juste à côté, le STCE (Solar-Terrestrial Centre of Excellence), un centre européen qui étudie les liens entre le Soleil, l’espace et la Terre, avait installé un dôme gonflable. Ses prévisionnistes y montraient ce qu’ils font quand une tempête solaire éclate. Leur travail consiste à prévoir les éruptions solaires et à comprendre comment les nuages de particules voyagent jusqu’à la Terre. Pour ce département, il y avait un dôme de projection, dans lequel un film était projeté. Les visiteurs avaient un casque et le film mettait en scène une observation.
Dans la tente et en extérieur, il y avait aussi des maquettes de missions solaires et la possibilité de poser devant la photo la plus détaillée du Soleil jamais réalisée.
La Rotonde et le télescope « de Tintin »
La Rotonde était un autre temps fort. Au premier étage, on pouvait voir la grande lunette Cooke-Zeiss de 45 cm. C’est un vieil instrument, qu’on surnomme parfois « le télescope de Tintin ». Selon la légende, le clin d’œil n’est pas un hasard : Hergé aurait représenté l’Observatoire royal de Belgique dans L’Étoile mystérieuse. Mais dans les faits, il se serait plutôt inspiré de l’Observatoire de Paris.
Au rez-de-chaussée, deux démonstrations expliquaient ce qui nous arrive de l’espace. Le Soleil nous envoie de la lumière et de la chaleur, mais aussi un flux continu de particules : le vent solaire. La Planeterrella montrait comment se forment les aurores polaires, et une chambre à brouillard rendait visibles des particules venues de l’espace, comme les rayons cosmiques (Pôle Espace, 2026a).
J’ai aussi apprécié l’espace d’exposition de la salle méridienne, où étaient présentés plusieurs instruments de mesure du ciel et de la Terre.
Les atmosphères, les cartes et la science d’outre-mer
L’IASB présentait ses recherches sur les atmosphères : celle de la Terre, mais aussi celles de Mars, de Vénus et des comètes. Ses chercheurs travaillent sur la couche d’ozone, la qualité de l’air, le climat, les émissions des volcans et la météo spatiale. Pour eux, l’atmosphère n’a pas encore livré tous ses secrets, et il faut continuer à la surveiller.
L’Institut géographique national (IGN), qui produit les cartes officielles de la Belgique, expliquait comment sont fabriquées les cartes, les photos aériennes et les données GPS qu’on utilise tous les jours.
L’Académie royale des Sciences d’Outre-Mer (ARSOM), seule académie fédérale belge, présentait ses rencontres entre scientifiques du Nord et du Sud. Le télescope Schmidt faisait aussi partie du parcours et c’est mon troisième coup de cœur de la visite. Machine très impressionnante et superbe. Dans cette salle aussi des centaines de noms de petites planetes découvertes au fil du temps. Les visiteurs essayaient de trouver leur prénom dans la liste.
Uccle et la Station spatiale internationale
Le B.USOC est un centre de contrôle installé à Uccle. Il aide des scientifiques belges et européens à préparer et à mener des expériences dans l’espace, notamment à bord de la Station spatiale internationale (ISS).
Il s’occupe actuellement de deux projets : ASIM, qui observe les phénomènes lumineux qui apparaissent très haut au-dessus des orages violents, et FSL, un laboratoire qui étudie la matière molle en apesanteur. Le stand parlait aussi de Raphaël Liégeois, l’astronaute belge qui doit effectuer sa première mission à bord de l’ISS en 2027.
Dans les coulisses de la météo
On connaît tous l’IRM pour la météo du jour. Mais l’institut surveille aussi l’atmosphère 24 heures sur 24, lance les avertissements en cas de phénomènes dangereux, étudie l’évolution du climat et archive les données météo (Pôle Espace, 2026a).
La visite du parc climatologique était vraiment intéressante. Nous avons découvert comment la température est relevée au quotidien, et cela depuis des décennies, mais aussi comment la pluie est mesurée. Nous avons également pu voir les instruments utilisés pour suivre le temps et le climat, des plus anciens aux plus modernes, et comprendre comment les scientifiques s’en servent. Le scientifique qui nous guidait a partagé beaucoup d’informations et d’anecdotes. C’était passionnant, et c’est mon deuxième coup de cœur.
L’autre grand moment de la journée, c’était le lancement du ballon-sonde, un ballon qui emporte des instruments pour collecter des données sur l’atmosphère. Malheureusement, je l’ai raté. Plusieurs créneaux étaient prévus (14 h, 15 h 30 et 17 h le samedi, et 11 h 30, 14 h, 15 h 30 et 17 h le dimanche), mais j’étais à chaque fois occupée par une autre activité. Si vous y allez lors d’une prochaine édition, notez bien les horaires dès votre arrivée !
Une vraie sortie en famille
S’il y a une chose qui m’a frappée, c’est le nombre d’enfants sur le site. Et c’est logique : beaucoup de petites activités et d’ateliers étaient prévus pour eux, et c’était vraiment super sympa. Les portes ouvertes du Pôle Espace sont clairement une activité familiale, où petits et grands trouvent leur compte.
Le planétarium mobile en est un bon exemple. Sous un dôme gonflable, il devait proposer un film à 360 degrés ou une présentation virtuelle du ciel pour apprendre à reconnaître les constellations et repérer les planètes. Malheureusement le samedi le planétarium était cassé, et le dimanche j’ai entendu qu’il fonctionnait mais qu’il avait encore quelques soucis.
Vraiment dommage, car j’aurais aimé voir le film.
Un film et des chercheurs en 200 secondes
Côté culture, le court-métrage Observations de Jess Sutton était projeté sur place. Il est né d’une collaboration avec l’IRM, l’artiste et compositrice Kat Austen et le collectif Enneasounds, avec le soutien de la commune d’Uccle. Le film parle de notre lien au ciel, à travers le regard des scientifiques qui l’observent tous les jours. Ce film se trouve du côté des activités de l’IRM, je n’ai pas été le voir.
La rencontre « 200 secondes pour 200 ans de sciences » permettait d’écouter des chercheurs et ingénieurs de toutes les institutions présentes expliquer leur travail en quelques minutes, de façon courte et accessible. J’ai tenté d’aller à cette activité, mais il y avait un horaire et vu le nombre d’activités présentes sur le site, j’ai dû faire un choix et je n’y suis pas allée.
Ce que j’ai pensé de la visite.
La journée était très réussie, mais quelques points pourraient être améliorés.
Le premier, c’est le fléchage. Le site du Pôle Espace est vraiment très, très grand, et on manquait parfois de panneaux pour s’orienter. C’est dommage, car certaines activités valent vraiment le détour et il serait facile de passer à côté sans le savoir.
Le deuxième, c’est la répartition du public. Certaines tentes étaient prises d’assaut, au point qu’il devenait difficile de bien observer ce qui était présenté. D’autres, plus éloignées du centre du site, étaient beaucoup plus calmes. À mon avis, c’est surtout une conséquence de la taille du site : les visiteurs restent naturellement autour du centre.
Je suis arrivée dès l’ouverture, à 10 h, au moment où le public commençait à arriver. Je dirais que c’est le moment idéal pour commencer les visites, car il y a eu de plus en plus de monde tout au long de la journée. C’est surtout dans les couloirs et dans certaines tentes qu’on ressentait la foule. Dans la tente consacrée à l’astronomie, il y avait un monde fou, mais c’est aussi là qu’on pouvait récupérer plein de goodies.
J’ai aussi appris qu’un jeu de piste avec des Schtroumpfs avait été organisé dans tout le Space Pole. C’est une super idée, mais malheureusement, j’ai repéré les Schtroumpfs trop tard.
Je n’ai pas eu l’occasion de tester les jeux, car ils étaient surtout destinés aux enfants. Et croyez-moi, il y en avait beaucoup ! C’est vraiment une visite familiale, où les enfants ne s’ennuient pas.
Mais c’est aussi une visite pour les adultes. Il y a beaucoup de choses à découvrir, des explications parfois pointues, parfois vulgarisées, et de petites observations scientifiques. J’ai vu beaucoup de personnes seules, avec leur compagnon ou compagne ou des petits groupes d’amis.
Il y avait une petite tente qui, sauf erreur, n’était pas indiquée dans le plan, elle était sur le thème de la diversité, faunes et flors, les moustiques. C’était interessant.
Je recommande aussi les visites plus longues, dont mes trois coups de cœur ( visite de la coupole, visite du parc météorologique, visite du téléscope Schmidt), que je vous recommande de ne pas manquer.
En résumé, ces portes ouvertes sont faites pour les curieux de tous les âges.
Combien de temps prévoir pour visiter le Pôle Espace ?
C’est le principal conseil que je retiens. Pour profiter de la visite, il faut compter une journée entière, et je dis bien entière. Le site est grand, les activités sont nombreuses, et les déplacements entre les numéros prennent du temps. Si vous voulez tout faire à fond, lire tous les panneaux, passer dans toutes les tentes et poser vos questions aux scientifiques, les deux jours ne sont pas de trop. Cela dit je comprends tout a fait qu’avec des jeunes enfants quelques heures sont déjà bien, pour les familles avec enfants je recommande de vraiment faire une selection d’activité sur le plan pour aller directement au plus ludique.
De mon côté, en une journée, j’ai eu le temps de tout voir. J’ai écouté beaucoup d’explications, mais je n’ai pas eu le temps de m’arrêter aux petits stands, lire les panneaux, pour poser mes propres questions. En fait, j’ai surtout ecouté quelques infos données aux visiteurs et fait beaucoup de photos/vidéos.
Si une prochaine édition est organisée, voici ce que je ferais :
- Arriver dès l’ouverture et garder le plan du livret à portée de main. Repérer les grands panneaux avec les numéros.
- Commencer par les tentes qui m’interessent le plus comme celle de l’astronomie pour avoir moins de monde en matinée.
- Repérer tout de suite les horaires des ballons-sondes et des visites du parc climatologique.
- Prévoir un peu de temps pour les boissons et la nourriture avant les heures de pointe. A midi c’était ok mais vers 12h30/13h c’était rempli.
- Garder du temps pour discuter avec les scientifiques, c’est ce qui fait la richesse de ces journées.
Retrouvez la visite en vidéo
Toutes mes vidéos de la journée sont sur Instagram et TikTok. Abonnez-vous pour suivre les prochaines sorties culture et patrimoine en Belgique.
FAQ
Quand ont eu lieu les portes ouvertes du Pôle Espace ?
Les 26 et 27 septembre 2026, de 10 h à 18 h, à Uccle. Les prochaines seront en 2030 !
Combien de temps faut-il pour visiter les portes ouvertes du Pôle Espace ?
Comptez une journée entière pour tout voir. Pour lire tous panneaux et échanger avec les scientifiques, les deux jours sont utiles.
Les portes ouvertes du Pôle Espace conviennent-elles aux enfants ?
Oui. C’est une vraie sortie familiale, avec de nombreux ateliers et petites activités pour les enfants, ainsi qu’un planétarium mobile.
Le site du Pôle Espace est-il facile à parcourir ?
Le site est très grand et le fléchage était parfois insuffisant. Gardez le plan du livret à portée de main pour vous orienter. Repérez les grands panneaux avec les numéros.
Pourquoi parle-t-on du « télescope de Tintin » à Uccle ?
La grande lunette de la Rotonde est parfois surnommée ainsi, car Hergé a, soit disant, représenté l’Observatoire royal de Belgique dans L’Étoile mystérieuse.
Quels instituts forment le Space Pole ?
L’Observatoire royal de Belgique, l’Institut royal météorologique et l’Institut royal d’Aéronomie spatiale de Belgique.

















Sources
Institut royal météorologique. (2026). Le Pôle Espace ouvre ses portes les 26 et 27 septembre [Site officiel]. https://www.meteo.be/fr/switch-language/3864?nis=21004
Observatoire royal de Belgique. (2026). Portes ouvertes 26-27 septembre 2026 [Site officiel]. https://200year.observatory.be/index.php/fr/opendoors
Pôle Espace. (2026a). Portes ouvertes au Pôle Espace : programme [Livret imprimé bilingue].
Pôle Espace. (2026b). Portes ouvertes [Site officiel]. https://poleespace.be/fr/portes-ouvertes
Tintin. (s.d.). The Royal Observatory of Belgium [Site officiel]. https://www.tintin.com/en/news/4358/the-royal-observatory-of-belgium